Projet Performance et cohésion sociale en Europe
Responsable : Donatella Gatti
Equipe : Donatella Gatti, Bruno Amable, Stefano Palombarini
Financement : Ministère de la Recherche dans le cadre de l’ACI « jeunes chercheuses et jeunes chercheurs » 2003
Résumé. Puisant dans les apports récents de la political economy anglo-saxonne, ce projet développera une approche de macroéconomie institutionnelle ayant pour but une meilleure compréhension du modèle social européen, à partir d’une mise en perspective critique de sa performance ainsi que des pistes récentes de réforme : les deux voies de la flexibilité et de la flexi-security. La démarche adoptée intégrera les méthodes propres aux sciences économiques (soit, analyses quantitatives et outils de formalisation) et le traitement de l’aspect politique des réformes institutionnelles mis en avant par les political economists. Ce projet enrichira les analyses existantes du modèle européen, et ce à deux égards. Premièrement, nous voulons développer des modèles formels et des analyses économétriques capables d’éclairer le « trilemme » européen entre cohésion sociale, compétitivité et emploi. La réforme du système de protection social est à cet égard cruciale car elle peut aider à mieux composer entre les exigences de la compétitivité et de l’emploi. Deuxièmement, nous voulons éclairer les mécanismes sous-jacents au processus de réforme du modèle européen et parvenir ainsi à développer une véritable « théorie des réformes institutionnelles ». Notre hypothèse de départ est que les institutions (et a fortiori, le système de protection sociale) sont le produit d’un compromis social permettant de composer entre les intérêts contradictoires de groupes socio-économiques hétérogènes. Toute tentative de réforme institutionnelle doit être vue comme une remise en cause du compromis social en place, entraînant des bénéfices aussi bien que des coûts. La situation européenne est, à ce titre, exemplaire. Au niveau national, les différentes options de réformes du système de protection sociale seront étudiées sur la base des modifications qu’elles vont entraîner au niveau du bien-être des groupes socio-économiques impliqués : entrepreneurs, salariés, chômeurs. Au niveau international, la question sera posée de la viabilité des réformes envisagées au plan national, cette viabilité tenant aux résultats des négociations entre les Etats membres de l’Union. Ce projet visera donc à élaborer des analyses rigoureuses des effets différenciés des réformes sur le bien-êtres des groupes socioéconomiques ainsi qu’un ensemble de scénarios viables d’évolution du modèle européen.